Nantes

NANTES : (La vie comme je l’aime)

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Ré m                                       Fa

J’ai vu l’autre bout du monde

Sol m                                        Si b 7 –  La 7

Ce qu’il cachait de rêves et de mystère

J’ai vu tous ces dessins sur la mappemonde

Prendre relief et s’étaler, de mes pieds j’ai foulé ces terres

J’ai vu jusqu’où se cache le soleil

Quand le soir à l’ouest il s’enfuit

Moi, en cachette je l’ai suivi

J’ai vu des gens de toutes les couleurs

Et j’ai parlé toutes les langues

Et j’ai aimé toutes les femmes

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Ré m    Sol m    Si b 7    La 7

Mais ce soir je reviens

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Je reviens voir si Nantes,

Porte encore, cette robe grise, qu’elle avait mise

Pour mon départ, je me souviens,

Et de cette pluie qui battait comme des larmes sous juillet

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Je reviens voir si Nantes,

Est toujours cette amante

Gracile et indolente,

Une folle dilettante,

Semant tout au long des canaux de l’Erdre

Des ribambelles d’amoureux et quelques poètes en herbe

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Je reviens voir si Nantes,

Abrite encore, ces funambules du trottoir

Pilleur où pilier de comptoir

Si à Nantes lorsque le dernier tram s’en va

Il emporte bien avec lui

Les philosophes de la nuit

Je veux voir, si le vieux remorqueur

Chari encore les âmes ivres jusqu’à ce que le matin les délivre

De ce triste et inéluctable sort

Qui les font boire et boire encore et ne les libère qu’à l’aurore,

quand il s’endorme sur le port…

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pont

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Je reviens voir à Nantes

Si les bancs de sable,

N’ont pas tout avalé de ces immeubles bancals,

Si au milieu du Beaulieu

Les industries mortes cachent toujours les maraudeurs et les squatteurs

Si tout en haut de la butte Sainte Anne,

En se tenant sur l’ bout des pieds l’on aperçoit enfin la mer

Comme l’avait dit ma mère,

Pour me faire grandir

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Si Nantes nomme toujours ses rues d’un air de poésie

De l’avenue du miroir d’eau jusqu’à la rue de la brasserie

Et l’avenue du coche d’eau, la motte rouge, le quai de la fosse, quai Magellan

Rue fleur de sel, toutes joies, les hauts pavés

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Si Nantes se souvient de ces soirées ou je l’aimais

Et je chantais dans ses rues en cognant le pavé du pied

En faisant la tourné des bars pour finir à poil, place royale, dans la fontaine

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C’est la vie comme je l’aime …